Quelques mots sur la campagne électorale !
- Carla T

- 26 mars
- 5 min de lecture
Parce que chaque aventure mérite son récit, j’ai voulu écrire sur celle que j’ai vécue ces dernières semaines : participer à une campagne électorale.
Quand j’étais plus jeune, je rêvais de vivre à Valvignères petit village paisible perché entre trois virages et quelques vignes en Ardèche. Mais des fois, le destin nous pousse à prendre les voiles et c’est ainsi qu’il m’a (ou que ma vie professionnelle m’a) amenée à venir vivre en Savoie. Cessens, petit village savoyard, qui dans l’esprit, l’aura, le mode de vie propose tout ce dont je rêvais à Valvignères ! À quelques détails près, ici les vaches remplacent les vignes, les paysages sont plus verts et les hivers sont plus froids.

Ici, j’ai pu rencontrer des voisins formidables qui m’ont accueillie à bras ouverts et quand on vit loin de sa famille, il n’y a rien de plus précieux qu’un échange de confiture avec sa voisine, quelques mots sur la météo en allant au travail ou une petite bière un soir d’été.
Et justement, c’est un soir d’été que l’un de mes voisins m’a proposé de participer à une campagne électorale pour apporter mes connaissances et compétences en communication.Au début, je n’étais pas du tout partante, je ne connaissais pas le sujet des municipales, j’ai toujours voté mais sans trop m’y intéresser. Et puis moi à la base, je suis ardéchoise, est-ce que j’aurais ma place ? Mais voilà, comme ma philosophie de vie consiste à pousser toutes les portes que l’on m’entrouvre, j’ai accepté d’essayer.
Ce que j’ai découvert m’a rapidement plu. Je n’avais pas conscience de l’impact que pouvait avoir un maire et une équipe d’élus pour les habitants, pour notre quotidien. Pour cette campagne, on se présentait pour Entrelacs, regroupement de 6 communes (Albens, Cessens, Épersy, Mognard, Saint-Germain-la-Chambotte et Saint-Girod) entre deux lacs, celui d’Annecy et celui du Bourget.
Nathalie Shmitt, notre tête de liste, m’a rapidement convaincue par sa détermination, sa bienveillance, son écoute et son envie de faire collaborer au maximum les habitants dans l’élaboration d’un programme : utile, nécessaire et qui parle à tout le monde.
Elle a su constituer une équipe de personnes formidables avec des âges, des compétences et des parcours variés.
Au fil des réunions, l’alchimie s’est faite et les idées novatrices et concrètes fleurissaient. Un objectif clair : redonner à chacune des 6 communes ses lettres de noblesse. Et c’est là que j’ai compris, l’important, ce n’est pas forcément d’où tu viens, depuis quand tu es là, l’important, c’est pourquoi tu es là et quelles sont tes intentions.
Quand il fut le moment de constituer le programme, les 35 personnes de la formidable équipe que nous formions se sont rapidement attelées à faire des groupes pour proposer des idées concrètes en fonction de thèmes évoqués dans le questionnaire préalablement distribué à toute la population. Je me suis mise dans le groupe entreprise et agriculture.
Travaillant dans le marketing au sein d’une entreprise privée et avec mes missions de freelance qui m’amènent à accompagner des entreprises, j’ai quelques notions de ce qui peut être important pour une société. Pour ce qui est de l’agriculture, je n’ai ni les connaissances ni les contacts, mais j’ai pleinement conscience de l’importance de ce monde, de l’impact qu’ont les éleveurs et les agriculteurs sur la vie des Français et à notre échelle, sur celle des riverains de ces six communes.
Dans le groupe entreprise agriculture, j’ai pu voir des personnes passionnées avec des idées concrètes de ce qui pourrait faciliter le quotidien des éleveurs ou des entrepreneurs. Ici, une nouvelle fois, j’ai pu comprendre l’importance des élections, l’importance d’une équipe municipale engagée. Et ça m’a profondément touchée parce que cet été, les éleveurs de Cessens ont vécu une crise sans précédent qui a traversé le cœur de chaque habitant.
Si j’ai bien compris qu’un maire n’avait pas forcément toutes les clés pour résoudre une telle crise, il y a quelque chose dont on peut tous être dotés et sur lequel on peut avoir la main : l’écoute et la compassion.
Nous étions déterminés à proposer aux habitants des 6 communes des solutions qui avaient manqué jusque-là. On y a mis tout notre cœur.
Et puis bien évidemment, il y avait le sujet com ! (Oui, c’est pour ça que je suis là ahah) Avec l’équipe com, nous avons élaboré des plans pour proposer sur les réseaux sociaux des publications attrayantes mais aussi un site web qui permettait d’accéder à toutes les informations liées à notre campagne. Ça a été très intense, il fallait jongler entre les journées de travail, les échanges, les réunions, la coordination entre chacun, les modifications, les ajustements pour rendre les messages toujours plus authentiques, sincères et accessibles.
Et puis moi qui voyais cette aventure comme une expérience durant laquelle on allait apporter quelque chose aux autres, des “détracteurs” m’ont ramenée à la réalité, celle de la compétition. Avec des mauvais commentaires pour nous discréditer par exemple. Une règle d’or que j’avais apprise en première année de communication digitale : on ne rentre pas dans le jeu des détracteurs ! Car l’algorithme adore ça et c’est du pain béni car c’est donner de la visibilité à des personnes, des publications avec lesquelles nous n’étions pas en phase. Alors on a choisi l’ignorance, sur le web comme dans la vraie vie et on gardait notre energie pour apporter des réponses aux questions qu’on estimait plus pertinente.
Et puis il y a eu les élections, le jour J, une belle journée, des échanges avec les habitants et le soir... nous apprenons que nous ne remportons pas les élections. Sur les 6 communes, nous l’avons remportée seulement à Cessens (j’avais dit que c’était mon village de rêve), pour les 5 autres communes, la majorité des voix a fait le choix de continuer sur la même lancée.
Entrelacs et vous récolte 44 % des voix. Et moi, ce soir-là, je n’avais pas l’impression qu’on avait perdu, parce que je ne pensais pas qu’on avait quelque chose à gagner mais plus quelque chose à donner. Et si la majorité des habitants n’étaient pas d’accord, n’étaient pas en phase avec ça, alors c’est le jeu ! C’est comme ça que ça marche.
Même si sur le coup j’ai été assez déroutée quand j’ai pu voir que certains de nos colistiers avaient retrouvé des vestes sous leur porche, pour sous-entendre la veste qu’on s’était prise avec cette défaite. Ma philosophie peace and love qui ferait bouillir n’importe quel compétiteur, ne peut s’empêcher de donner un bon point pour le jeu de mots de la veste, l’investissement et le déplacement jusqu’aux différentes maison. Par contre, en ce qui concerne l’humilité, le respect, on repassera ! Mais soit !
En attendant, je sais qu’il y aura d’autres moyens d’aider et d’accompagner les riverains. Déjà, comme on a pu le faire cet été en se mobilisant en cas de crise, mais aussi en étant présente via des associations qui proposent des événements par exemple, comme le Comité d’animations d’Entrelacs dans lequel je suis membre.
J’ai été très contente d’avoir vécu cette expérience qui m’a fait réaliser l’impact d’une équipe municipale sur le quotidien des riverains, l’investissement, le temps que donnent des élus pour une commune. Je suis très admirative des 7 colistiers d’Entrelacs et vous qui s’engagent pour porter la voix des 44 % de personnes qui nous ont fait confiance, honorée de faire partie des 28 autres colistiers qui restent en coulisse pour suivre de près.
L’aventure continue...

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