Mes études en communication et ma dysorthographie
- Carla T

- 21 avr. 2020
- 4 min de lecture
À travers cet article, je veux vous faire part de mon quotidien, de mes astuces pour pouvoir profiter pleinement de ma passion pour la communication malgré ma dysorthographie. Bonne lecture ! :)
La dysorthographie n’est pas exactement la même pathologie que la dyslexie. La dyslexie est un trouble qui concerne l’apprentissage de la lecture alors que la dysorthographie est un trouble de l’écriture.
Scolarité & Dysorthographie
J’ai toujours été passionnée par l’écriture, j’aimais créer, inventer et écrire des histoires. Bien évidemment le français était ma matière favorite, surtout pour les rédactions. À l’époque du collège, l’infirmière ne voulait pas prendre en compte les rapports de l’orthophoniste qui m’avait diagnostiqué Dysorthographique.
Le système de notation et d’apprentissage n’étant pas adapté, j’ai accumulé les mauvaises notes malgré mon affection pour l’écriture.
J’ai effectué ma scolarité dans un collège de la ruralité Ardéchoise et ce n’est pas un mythe. Loin de la ville, le système scolaire ne nous pousse pas à faire des études, on oriente les élèves en difficultés en Bac pro en leur expliquant qu’ils n’auront pas les capacités pour aller plus loin. (Si vous êtes intéressés par le sujet, je vous invite à lire « Les invisibles de la république » de Salomé Berlioux qui explique comment les jeunes des campagnes sont souvent délaissés vis-à-vis des études supérieures, elle a également créé une association Chemin d'avenirs )
Mes professeurs de troisième me disaient que je serais incapable d’effectuer une seconde générale et que je devais m’orienter vers un Bac Pro sanitaire et social car ça correspondait plus à mon profil…
Le théâtre était mon activité extra-scolaire depuis que j’avais appris à lire. J’apprenais avec une grande facilité à jouer des scènes de Shakespeare, Molière et Sartre. Pour cette raison, mes parents, eux, me sentaient tout à fait capable d’effectuer une seconde générale, et ils m’ont poussé à le faire.
J’ai dû travailler énormément mais j’ai réussi ! Par la suite, je suis entrée en BAC STG et c’est grâce à l’épreuve du Bac de Français, que mon lycée a enfin accepté de m’octroyer les aménagements nécessaires. Pourquoi cette décision ? J’avais eu 10 à l’écrit et 18 à l’oral…

Mes techniques pour réviser mon Bac :
- Pour le français, j’ai révisé toutes mes figures de styles en écoutant du rap. Dès que j’écoutais, j’essayais de trouver toutes les figures de style utilisées, Métaphore, antithèse, comparaison… cette technique m’a permis de joindre l’utile à l’agréable.
- Je réalisais plusieurs fois les sujets des années précédentes.
- Je révisais avec une amie afin de parler des cours et de s’interroger sur leurs contenus. (Il parait que si on retient facilement les histoires de films, c’est parce qu’à la sortie du cinéma, on a tendance à en parler et devinez quoi… ça marche aussi avec les cours !)
Etudes supérieures & Dysorthographie
Après avoir eu mon BAC STG spécialité marketing avec mention, je suis partie faire un BTS communication à Nîmes. Et dès le début, on nous explique qu’en communication, il faut avoir une orthographe IRREPROCHABLE. (C’est un peu le comble de choisir des études comme celles-ci quand on est Dysorthographique.)
Là encore ma matière préférée était « La culture de la communication », un mélange de français et de philosophie.
Mes techniques pour réviser le BTS :
- Un mois avant l’examen, je me suis enfermée dans ma bulle de révision, j’ai coupé les réseaux sociaux, je ne sortais plus les weekends.
- En ce qui concerne les fiches de révisions, j’optais pour des feuilles blanches sur lesquelles, je mettais beaucoup de couleurs et je résumais le plus possible.
- Je créais des « posters » de révisions que j’accrochais un peu partout dans mon appartement. (Attention : La pâte à fixe peut tâcher les murs, cette méthode de révision a coûté 200 euros de caution à l’époque)
Et grâce à toutes ces tactiques, j’ai réussi à m’en sortir avec un 13/20 à l’épreuve finale de culture de la communication et 14/20 de moyenne générale à l’examen du BTS **Fierté**.
Pour mon année de Bachelor et mes années de Master, la dysorthographie n’a pas été un obstacle, on apprend à travailler en équipe, ce qui m’a permis de me concentrer sur les tâches où j’étais le plus à l’aise et de mettre un peu de côté la partie rédactionnelle.
Entreprise & Dysorthographie

En entreprise, ce n’est pas toujours facile. En effet les métiers de la communication nous poussent à travailler en équipe, il faut suivre un certain rythme et s’adapter aux autres. Mais aux fils des stages et de l’alternance, j’ai pu trouver mes astuces.
Mes techniques de travail en entreprise :
- Reverso, & Conjugaison Nouvelobs sont mes alliés du quotidien.
- J’apprends par cœur les fautes que je fais souvent pour éviter de les refaire, j’essaie de me souvenir des mots que je confonds pour ne plus faire la faute. Par exemple, j’écrivais souvent « hasard » « hazar » et « bizarre » « bizard » et ça parce que je les confondais. (Je présente mes plus plates excuses aux amoureux de l’orthographe).
- Je fais des to do listes colorées (Évidement toujours et encore la couleur)
- J’organise ma journée de travail de façon à effectuer mes tâches rédactionnelles plutôt le matin quand je suis en forme et attentive et mes tâches créatives (Visuels sur photoshop etc) plutôt l’après-midi car ça me demande moins de concentration.
Pour finir,
De nombreux articles montrent que les dysorthographiques / dyslexiques sont créatifs… Alors j’évite de me dire que ma dysorthographie est une faiblesse dans mon métier avec les problèmes d’orthographe mais plutôt que c’est une force car elle me rend plus créative.



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