Travailler dans un centre de distribution Amazon & étudier le e-commerce
- Carla T

- 6 mai 2020
- 5 min de lecture
Etant étudiante en communication, j’ai eu l’occasion de travailler bon nombre de fois sur des cas pratiques inspirés d’Amazon, de ses stratégies marketing, de sa créativité pour pouvoir stocker toujours plus, ou encore de sa technologie pour servir toujours plus vite le client. Tout ceci est venu compléter ce que je savais déjà sur Amazon.
Je me souviens d’ailleurs la phrase d’une professeure de lycée qui nous avait dit « Cet été, postulez pour travailler chez Mac do ou Amazon, ça vous forgera et vous serez bien vu aux yeux des recruteurs plus tard ».
(Le management Américain est-il un parcours du combattant pour se montrer apte à travailler dans nos entreprises françaises ? Je ne sais pas et je ne vais pas parler de ça… ahah).
Travailler dans un centre de distribution Amazon
Je me suis donc lancée dans l’aventure Amazon lors de mon année de césure où j’y ai travaillé 4 mois. Je connaissais beaucoup de personnes qui y avaient travaillé avant moi donc je savais à quoi m’attendre. Et comme on le dit ce n’est pas de tout repos ! Rigueur, discipline et performance sont de mise quand on veut travailler dans un centre de distribution Amazon.
Lorsque l’on entre dans l’entrepôt pour commencer notre journée de travail, il faut d’abord retirer tous ses objets personnels, pas de portable, pas de bijoux, nous passons sous un détecteur de métaux comme à l’aéroport et l’on atterrie dans le monde d’Amazon.
Toutes les journées commencent par le même rituel : on badge pour prouver notre présence, on récupère notre scan puis l’on rejoint les autres salariés/intérim. C’est ici que le manager va parler aux équipes, faire un rappel du nombre d’erreurs* de la veille, féliciter les nouveaux CDI et commencer les étirements. (Oui, oui des étirements de gym à 5h du matin avec les managers. Je crois bien que c’est ça le plus fun chez Amazon, ça et le café gratuit)
J’ai commencé dans l’équipe des « Stowers », entendez par là ceux qui rangent les marchandises dans l’entrepôt. Pendant une journée ou deux nous recevons une formation pour apprendre à ranger correctement et rapidement des centaines d’objets différents en fonction de leur poids, de leur taille et de leur valeur. Bien évidemment il y a une certaine quantité d’articles à ranger à l’heure sans se tromper. Un « leader » se charge de mesurer la performance de chacun. Grâce aux fameux scan, il sait exactement le nombre d’articles que l’on range, le nombre d’erreurs que l’on fait et où l’on se trouve dans l’entrepôt. Chaque fin de semaine il vient avec son ordinateur pour nous montrer le nombre d’erreurs que l’on a pu faire. (Il peut arriver à n’importe quel moment de la journée et on ne sait jamais quand exactement… j’aurais juré entendre la musique des dents de la mer quand il se rapprochait de moi avec son ordinateur sur roulette pour m’annoncer mon niveau de performance).
Bien évidemment en tant qu’intérim on nous fait comprendre que notre « performance» déterminera si l’aventure continuera ou pas.
Puisque je suis restée un certain temps, j’ai pu aussi goûter aux joies du « Picker » entendez par là ceux qui récupèrent les objets que les stowers auront préalablement rangé. Le rôle de picker : c’est le fameux poste où l’on marche entre 15 et 20km en 8h de boulot. Là aussi il faut être très rapide et si nous faisons une petite pause, notre scan se met à biper pour nous rappeler qu’aucun article n’a été scanné pendant X minutes et que ce n’est pas normal. (La grosse balance)
Heureusement, mon expérience chez Amazon n’a pas seulement été négative. J’ai pu acquérir une réelle connaissance des gestes santé sécurité qui sont utiles à connaître dans toutes les entreprises. Ça m’a permis d’apprécier encore plus mes études et à relativiser au niveau du travail quand des tâches sont moins plaisantes que d’autres. J’ai pris conscience de l’impact que nous avons en tant que marketeurs sur la consommation et sur les besoins que nous créons.
(Alors bon je reste certaine que les jobs d’été forment la jeunesse et que passer par Amazon a du bon !)
La place d’Amazon dans les études en E-commerce
En tant qu’étudiante en marketing digital et e-commerce, j’ai également pu voir l’autre facette d’Amazon, celle du GAFA, du géant du e-commerce, du leader mondial car évidemment Amazon est LE site e-commerce le plus cité durant les cours. ( J’aurais dû nommer ce passage ‘la place d’Amazon dans le monde de E-commerce’, puisque celui-ci représente 20.3 % de parts de marché en France**).
Nous avons eu la chance dans mon école de recevoir des intervenants pour nous parler des grandes entreprises et des grandes marques. Un jour un intervenant est venu nous parler d’Amazon. Il a d’abord demandé combien d’entre nous avait commandé sur le site ces dernières semaines ? Tellement de mains se sont levées… (Ça fait 3 ans maintenant que je ne commande plus sur le site et… vraiment rien n’a changé dans ma vie). Il nous a ensuite parlé des grands projets du géant Amazon, des entrepôts toujours plus grands, des robots à la place des humains, des stocks sous terre voir sur la lune, des livraisons par drones ou via des voitures volantes, des magasins qui connaîtraient à l’avance ce que l’on a besoin d’acheter. Plein d’informations que l’on aurait cru sorties tout droit d’un film de science-fiction… la situation a été assez cocasse quand après avoir énuméré tous les projets du géant, il a demandé « Alors demain qui continuera de commander sur le site ? » Il y avait moitié moins de mains levées.
Si j’ai souhaité faire le parallèle entre mes études en e-commerce et mon travail chez Amazon, c’est qu’après avoir suivi des heures et des heures de cours pour parler du fonctionnement du géant, de la puissance économique qu’il représente, de la performance du site. Nous n’avons jamais évoqué tout ce qui se cache derrière… Les personnes robotisées, les employés sous pression pour répondre à une telle performance. Le stress des commandes premium (Et oui car quand on fait des commandes premium pour recevoir deux fois plus vite, c’est deux fois plus de pression pour ceux qui travaillent sur le site et qui se chargent de ces commandes.)
C’est peut-être tellement « évident » qu’il n’y a pas d’intérêt à en parler ? 🧐
Ce que j’aurais aimé évoquer en étudiant le e-commerce.
Je pense qu’en tant qu’étudiante et future communicante il est évident et très important d’être toujours ouverte, informée sur les nouvelles tendances, sur ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas pour toucher un public, connaître les marques importantes mais aussi les plus petites… d’être à l’affût et au courant des dernières tendances digitales !
Mais il faut aussi prendre conscience de tout le fonctionnement d’une entreprise, du nombre de ventes à son chiffre d’affaire en passant par son management car tous les maillons de la chaîne ont une grande importance.
(On ne prendrait pas exemple et on ne parlerait pas de quelqu’un que l’on ne connait pas entièrement, il en va de même pour les entreprises.) Il serait donc logique d’étudier toute la croissance d’Amazon, et toutes ses techniques pour garder sa place de leader mondial, mais également les points négatifs de l’entreprise afin de se faire sa propre idée.
Aujourd’hui, je suis heureuse d’avoir connu le monde du centre de distribution Amazon, cela m’a permis d’avoir une vision plus complète de ce monde virtuel.
*Une erreur peut être le fait d’oublier de scanner un article avant de le ranger ou le fait de le ranger dans la mauvaise étagère, erreur qui arrive vite quand on répète souvent la même tâche





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